La levée de fonds participative est une méthode de financement « gagnant-gagnant » s’adressant à des internautes et leur proposant d’entrer dans son capital en échange de quelques actions…

Pourquoi une levée de fond participative plutôt qu’un financement traditionnel ?

Une levée de fonds participative est peu aisée à mettre en place et son résultat est assez incertain. Il faut avant tout considérer qu’il s’agit d’un apport complémentaire, en association avec des business-angels par exemple. Cette approche peut agir comme levier, afin d’obtenir un prêt en complément et comme « bridge », dans le but d’atteindre une nouvelle étape de développement.

Ce type de financement confère cependant une valeur ajoutée supplémentaire : d’une part il permet de communiquer de manière originale, et d’autre part il apporte une multitude d’actionnaires, qui pourront agir comme de véritables ambassadeurs.

Avant de vous lancer, quelques questions à se poser :

Ai-je un capital sympathie suffisant, suis-je un homme de réseau, mon projet va-t-il séduire ?

Disposer d’un important réseau actif, voire d’une notoriété dans votre domaine est un élément indispensable pour espérer réussir sa levée de fonds (ou bien faire un coup médiatique !). En effet, les investisseurs misent sur la personnalité du chef d’entreprise, ses valeurs, sa capacité à mener le projet, à fédérer, ou alors sur la promesse d’une belle aventure ambitieuse mais réaliste. Dans une opération de levée de fonds participative, un engagement sociétal et éthique est également tout indiqué !

Quelle organisation juridique et comment anticiper le nombre d’actionnaires ?

Une levée de fonds participative est très encadrée par le législateur, il convient d’être très vigilant et idéalement de se faire conseiller par un professionnel en la matière. La principale contrainte est de ne pas dépasser un plafond de 100 000 euros. Il faut également respecter les règles liées au démarchage (afin de ne pas entrer dans la législation de l’appel public à l’épargne) et s’assurer de remplir les conditions par lesquelles vos souscripteurs pourront bénéficier d’une réduction sur leur ISF par exemple.

Il devient très compliqué d’organiser une assemblée générale lorsque l’on atteint un nombre important de petits actionnaires, surtout lorsque l’on démarre son activité. Afin de pallier à cet écueil, il est par exemple possible de créer une holding dont la fonction est uniquement d’investir dans votre entreprise. Dans ce contexte, vous n’êtes plus contraint à un minimum de souscriptions par actionnaire.

Comment gagner le soutien de prescripteurs ?

Susciter l’intérêt de personnes influentes et de leaders d’opinion est un élément déterminant de la réussite de votre levée de fonds participative. En amont du lancement de celle-ci, il est donc important de sensibiliser à votre projet les personnes susceptibles de le soutenir. Une aventure innovante sur un marché porteur aura toutes les chances d’éveiller leur curiosité.

Ces ambassadeurs peuvent aussi bien être des business angels que des entrepreneurs, des blogueurs,… Autant de personnes qui vous seront d’un soutien précieux pour développer votre business si l’aventure les a séduits.

Quelle mise en pratique ?

Avoir une interface simple pour récolter les promesses d’investissement est la clé d’une initiative qui fonctionne. Ceci peut se caractériser par la mise en place d’un mini-site ou d’une rubrique dédiée à cet effet avec la mise en avant de la stratégie et le plan de développement.

Plan de développement, quels chiffres donner ?

Il est souvent très difficile pour une toute jeune start-up de se projeter sur le long terme de manière chiffrée. La nature du projet, les perspectives de développement et la stratégie générale qui sera mise en place, semblent être des éléments plus essentiels à présenter qu’une projection des résultats attendus.

Néanmoins, annoncer ces anticipations de manière chiffrée semble absolument nécessaire pour faire sentir aux investisseurs potentiels la volonté qui anime la structure en développement et le potentiel qui est pressenti sur le marché où elle se place.

Quel type de communication pour promouvoir votre levée de fonds ?

En 2010, avoir recours à une levée de fonds participative revêt encore un caractère plutôt innovant. De fait, ce type d’initiative possède un certain potentiel de viralité intéressant à exploiter. On parle aujourd’hui de Crowdfunding.

Les blogueurs sont très réceptifs à ce genre d’information, et les réseaux sociaux (notamment Twitter) amplifient grandement le phénomène. Dans ce processus de communication auto-entretenue, les ambassadeurs qui auront choisi de soutenir le projet sont autant de porte-paroles qui n’hésiteront pas à tweeter, voir à rédiger un article sur leur blog afin de « donner un coup de pouce » au lancement.

C’est dans cette phase virale que se fera l’essentiel des recrutements de nouveaux investisseurs-ambassadeurs, les premières 48h sont donc cruciales pour votre réussite !


A propos de Marc THOUVENIN – Regioneo :

Marc THOUVENIN


Ingénieur Arts et métiers, Marc a appri rapidement les techniques d’Internet dans une agence qu’il a créé en 2003 puis avec les équipes informatiques du CERN en 2005. Il a créé Regioneo en 2009, enseigne le marketing internet à l’EM Lyon, et accompagne plusieurs start-ups en phase d’amorçage.
Regioneo est une start-up lyonnaise, qui offre l’accès à un annuaire géolocalisé de producteurs du terroir. L’objectif de financer le développement de l’entreprise tout en resserrant les liens avec sa communauté a été atteint avec 100 000 € levés et une retombée médiatique conséquente !